Environnement lumineux du nouveau-né à l’hôpital

Le groupe de Réflexion et d’Evaluation de l’environnement du Nouveau-né – GREEN – de la Société Française de Néonatologie a émis des recommandations pour répondre à la question :

Quel est l’environnement lumineux adapté aux nouveau-nés en services de soins? La cyclisation de la luminosité ambiante est-elle bénéfique à l’enfant ? Quel est l’environnement lumineux adapté au bien-être des parents, des soignants et à la sécurité des soins ?

Le texte en version longue et en version courte est disponible sur le site de la Société Française de néonatologie depuis 2019 et vient de paraître dans Acta paediatrica dans le numéro de janvier

L’analyse de la littérature a permis d’émettre les propositions suivantes :

  • Au vu des effets délétères physiologiques pour l’enfant de l’exposition à des intensités lumineuses supérieures à 1000 lux (niveau 3), il convient d’éviter les sources lumineuses naturelles ou artificielles de plus de 1000 lux (grade C).
  • Un impact physiologique plus grand étant noté en cas de variation rapide de la lumière (niveau 3), une augmentation progressive des niveaux lumineux est préconisée à chaque changement lumineux (grade C).
  • Pour les nouveau-nés de moins de 32 SA d’âge corrigé, l’usage de protections face aux sources lumineuses est recommandé (grade C). Cette protection doit être adaptée individuellement et basée sur l’analyse des variations de stade veille/sommeil et des réponses comportementales de l’enfant (avis d’expert). Il n’existe aucun argument en faveur d’une isolation sensorielle visuelle totale des nouveau-nés prématurés, quel que soit leur âge gestationnel, pour prévenir la rétinopathie du prématuré (grade B).
  • Il est recommandé de ne pas exposer l’enfant à une lumière forte continue quel que soit son terme et son âge postnatal (grade A).
  • La cyclisation systématique de la luminosité ambiante avant la fin de l’hospitalisation semble inoffensive et semble bénéfique sur la durée d’hospitalisation et peut-être sur la répartition de l’activité jour/nuit après la sortie de l’hôpital(niveau 1). Sa mise en place semble donc recommandée (grade A). Ces modalités d’utilisation (type de cyclisation, date d’introduction, population) restent à définir (avis d’expert).
  • En cas de photothérapie par rampe ou tunnel, une protection adaptée (protection oculaire directe) constante est obligatoire pour tout enfant directement ou indirectement exposé et est recommandée pour l’entourage, aussi bien pour les autres enfants situés dans la chambre que pour les soignants ou la famille (avis d’expert).
  • Une luminosité plus élevée au poste central de soin et un accès à la lumière naturelle sont recommandés pour les soignants (avis d’expert).
  • Une attention particulière doit être portée à l’exposition aux fortes intensités lumineuses, nécessaires pour la réalisation de gestes fins (pose de cathéters, intubation,…) (avis d’expert), pour lesquels une protection oculaire individuelle spécifique de l’enfant est indiquée (avis d’expert).
  • Au vu des effets potentiellement délétères à long terme de la lumière bleue (avis d’expert), l’exposition à la lumière dans ce spectre doit être limitée aussi bien pour les patients, que pour leurs familles et pour le personnel soignant (avis d’expert).
  • Lors de la pratique du peau à peau, il convient de protéger l’enfant d’une surexposition lumineuse tout en permettant une bonne interaction visuelle entre lui et son parent (avis d’expert).

Des stratégies d’implantation sont également abordées dans ce texte.

Publié le mercredi 22 janvier 2020

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