Exclusivité et durée de l’allaitement maternel : impact sur le développement cognitif et émotionnel à long terme

Cette étude, menée en Afrique du Sud, grâce à des fonds de recherche canadiens, est la première à examiner le devenir cognitif et émotionnel des enfants en âge scolaire, en fonction de leur exposition ou non à un allaitement maternel exclusif de durée variable et au VIH.

Les  auteurs mentionnent que leurs résultats montrent que la durée de l’allaitement maternel est positivement corrélée à de moindre troubles du comportement à 7 ans; ce qui a un impact sur les capacités d’apprentissage et relationnelles des enfants, leur estime d’eux-mêmes et leur devenir social à long terme.

Cela était d’autant plus vrai pour les garçons, où le fait d’être allaité exclusivement plus d’un mois jusqu’à 6 mois, doublait leurs scores aux tests concernant le maintien de l’attention au cours d’une tache auditive et visuelle complexe et leurs stratégies d’apprentissage.

PLOSjune2016

D’autres variables étaient associées à un meilleur développement cognitif telles que

  • les compétences cognitives maternelles,
  • l’accueil en crèche,
  • l’âge maternel plus élevé
  • les stimulations à la maison, 
  • le fait que ce soit la mère qui est été le principal donneur de soins à la naissance de l’enfant.

Les autres variables qui affectaient négativement le développement cognitif de l’enfant était le fait d’habiter dans une zone urbanisée par rapport à une zone rurale, un stress parental élevé, une santé mentale mentale altérée, et le fait que l’enfant présente une obésité. Contrairement à d’autres études, les enfants VIH-négatifs, nés d’une mère VIH-positives, ne présentaient aucune différence avec des enfants non exposés au VIH.

Les limites de l’étude selon les auteurs : il s’agit d’une étude non randomisée, le manque de mesure sur l’état de santé mentale de la mère lors de la naissance, l’absence d’évaluation de problèmes émotionnels, comportementaux ou cognitifs depuis la naissance chez les enfants, la non prise en compte des infections ou de la malnutrition dans l’enfance.

Les forces de l’étude sont la taille de l’échantillon des enfants exposés et non exposés au VIH.

 

Publié le jeudi 23 juin 2016

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