Programme National Nutrition Santé – PNNS 2017 – 2021

Le Haut Conseil de Santé Publique – HCSP  vient de publier le nouveau Programme National Nutrition Santé 2017-2021 en 170 pages. De nombreuses problématiques y sont abordées de façon très intéressante et sa lecture est une mine d’information pour aider à comprendre. Il est à noter que le HCSP s’est aussi pencher sur le rôle de l’allaitement maternel pour la santé et a émis des recommandations tout à fait intéressantes que voici :

« Le HCSP recommande de :

–> Promouvoir des environnements favorables à l’allaitement maternel :

  • Dans les entreprises : Les dispositions existant dans le code du travail méritent d’être clarifiées (lieu pour allaiter, horaires aménagés,…). Des mesures réglementaires complémentaires pourraient être envisagées pour rendre effectives la possibilité d’allaiter après la reprise du travail, faire connaître et faire respecter la législation existante sur les droits des femmes qui allaitent (au travail, dans les lieux publics…). Labelliser et soutenir les entreprises actives dans le soutien aux femmes qui allaitent (prolongation du congé maternité, pièce et matériel de conservation pour tirer son lait, information diffusée…).
  • Dans les lieux publics : Mettre à disposition, dans les les lieux publics (gares, centres administratifs, musées,…) des pièces réservées à l’allaitement et adaptées pour le tirage du lait. Distribuer des auto-collants « allaitement bienvenu » pour les lieux commerciaux (cafés, restaurants, centres commerciaux…).
  • Communication : Promouvoir dans les média et dans les lieux publics, la banalisation de l’allaitement maternel, l’image de la femme qui allaite, mettre à disposition, de façon large et actualisée régulièrement, le meilleur niveau de preuve existant sur les bénéfices de l’allaitement, les interventions probantes.
  • Surveillance : Mettre en place un système de veille sur les sponsoring détournés. Conduire une étude complète (non limitée à l’allaitement) sur les coûts-bénéfices d’un allongement du congé maternité.
  •  Auprès des établissements et des professionnels de santé :Mettre en œuvre des recommandations de l’OMS/UNICEF de l‘initiative « Hôpitaux amis des bébés » (IHAB) dans les maternités et les services de néonatologie. Développer la formation professionnelle et le développement professionnel continu, notamment pour les sages-femmes, les médecins généralistes, les gynéco-obstétriciens, les pédiatres, les pharmaciens et les puéricultrices. Favoriser la dissémination des bonnes pratiques et le soutien à l’allaitement. Soutenir le développement des lactarium et l’usage du lait maternel tiré.
  • Information et soutien des mères et de leur entourage : A la maternité et au retour à la maison (services de PMI, soutien par téléphone public et gratuit, conseiller/aide maternel en lien avec les structures publiques).

–> Mener une expérimentation sur l’augmentation de la durée du congé légal de maternité :

Cette expérimentation pourrait avoir lieu sur une durée limitée (2 à 3 années) et une échelle géographique donnée. La surveillance de cette mesure sera effectuée sur l’initiation et la durée de l’allaitement mais aussi sur les conditions de la reprise du travail, la carrière des femmes après la reprise du travail et l’accompagnement de l’allaitement au travail. »

 De façon plus générale, cette version 2017 poursuit et approfondit les objectifs des PNNS précédents  :

« L’analyse des processus et résultats des trois précédents Programmes nationaux nutrition santé (PNNS) a conduit à appréhender les limites des stratégies de santé publique fondées exclusivement sur les déterminants individuels des comportements alimentaires et d’activité physique. Ces stratégies s’appuyaient principalement sur la communication nutritionnelle, et des approches purement incitatives.

Les PNNS n’ayant atteint que partiellement les objectifs fixés et les inégalités sociales de santé s’étant aggravées dans le domaine de la nutrition, le HCSP propose, pour 2017-2021, une politique nutritionnelle de santé publique s’appuyant sur des mesures visant la population générale avec une intensité graduée selon le degré de désavantage.

Il recommande, tout en poursuivant les stratégies précédentes, d’intervenir sur l’environnement social, économique et sociétal afin de faciliter les choix individuels favorables à la santé concernant l’alimentation et l’activité physique. Il préconise de recourir à des mesures réglementaires pour réduire la pression du marketing commercial, améliorer l’offre alimentaire et l’accessibilité physique et économique aux aliments de meilleure qualité nutritionnelle. Il recommande enfin de développer des actions spécifiques et prioritaires orientées vers les enfants et les populations défavorisées.

Cette politique, qui doit tenir compte des préoccupations environnementales et de développement durable, nécessite une réorganisation de sa gouvernance. Le HCSP recommande de mettre en place un pilotage interministériel avec une finalité claire de santé publique et d’assurer une cohérence entre les mesures nationales et régionales. »

Publié le jeudi 14 décembre 2017